Azawad : Psychose chez les éleveurs dû à la crainte d’une nouvelle sécheresse

Il y a juste deux ans, le manque de pluie provoquait une sécheresse des zones nomades fertiles en pâturages, dans les cinq cercles de la région de Tombouctou. Une sécheresse qui a décimé 70% du cheptel lors de la période de 2014 à 2015.

Les populations nomades sont de nouveau confrontées à la menace d’une nouvelle sécheresse. Les autorités maliennes n’ont pas encore annoncé ce risque de catastrophe climatique qui menace plus d’un million de personnes vulnérables au nord du Mali, population aux faibles revenus et confrontées à l’insécurité majeure qui sévit dans cette partie septentrionale du pays depuis 2012.

Ce nouveau fléau climatique a mis en alerte nombre de notable de la région de Tombouctou à l’image de Mohamed Youssouf Ag Ghalas, président du conseil du cercle de Rharous, membre du Conseil National pour la Réforme du secteur de la sécurité au Mali et chef de fraction, qui a lancé un SOS via les réseaux sociaux à l’endroit de la communauté internationale et des autorités maliennes en particulier. Dans sa lettre ouverte le président du conseil du cercle déclare : « Le cercle de Gourma Rharous est gravement menacé par une sécheresse qui fait pousse les éleveurs des communes de Rharous central, du Serere, de Hamzakoma, de Banikan, d’Adjora, des communes de Bamba, de Temera, de Bourem central et les éleveurs Peuls de la province du Somme au Burkina Faso et les éleveurs Peuls Bororo du Niger, à converger sur la commune de Gossi qui ne pourra pas les soutenir en pâturage au-delà de 40 jours. Je lance un S.O.S. pour leur venir en secours avant la catastrophe » prévient-il.

Hamadi Ag Mohamed ABBA, directeur de L’ONG locale ADJMOR FARACH de Tombouctou explique que, « pour l’instant les animaux n’ont pas commencé à mourir de faim dans la zone couvrant l’ouest de Tombouctou jusqu’aux terres mauritaniennes, selon nos observations sur le terrain », il précise également que, « l’herbe n’a pas poussé bien poussé cette année en raison du manque de pluies pendant la période de Juillet et Août 2016 et passée 4 à 5 semaines, il n’y aura pas de pâturages nécessaires pour l’élevage des animaux jusqu’à la saison des pluies de 2017 ». Dans la zone, les sols dans plusieurs endroits commence à devenir érodés et ils manquent de pâturages, le problème crucial auxquels les éleveurs vont devoir faire face et la nécessité de trouver des moyens pour limiter les dégâts, avant qu’il ne soit trop tard.

Mohamed Ag Ahmedou 25.02.2017

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